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30.05.2008

Home sweet home

Une des filles de notre résidence étudiante a décidé de laisser sa porte ouverte : on se demande si c’est par désir de promiscuité ou par souci de présenter ses goûts en matière de programmes télévisuels. Mon voisin du dessus est persuadé qu’elle cherche à se faire violer ; il m’a confié le prouver ce soir même. Bref, retournant à mon propre huis, j’ai pu contempler l’étonnante modularité de la chambre étudiante. En effet, deux points sont à prendre en considération lorsqu’on déclare habiter un « 9 m² » :

D’abord, la surface habitable fluctue en fonction de la surface habitante. Ainsi, je loge véritablement dans un huit mètres carré, à l’exception d’un arrêt aux latrines (où mon tour de taille correspond à la largeur de la cuvette) et d’un séjour au lit ou dans une chaise (environ 98,7 % de mon activité à domicile.) En définitive, plus on est maigre et plus on rentabilise son loyer ; on comprend comment les Juifs sortis des camps ont pu se faire autant de sous. Ma mère, par contre, ferait ici un bien mauvais investissement. On peut donc se satisfaire de la remarque de Damien Petit (un grand homme), qui déclare : « on en profite quand on y est pas. »

Pourtant, - car je vous entends rire de ma situation d’étudiant misérable -, la surface réelle de ma chambre ferait pâlir d’envie le fils de Nicolas Sarkozy, s’il faisait des études au lieu de voler des scooters. De fait, un rapide calcul me fait passer de la chambre de bonne à celle de curé* : je ne saurais vivre sans les douches et la cuisine communes, ce qui ajoute une surface de 40 m² ; je ne peux écarter ni la pelouse qui fait jardin d’été, ni le hall d’entrée qui fait jardin d’hiver : 90 mètres de plus. En outre, je me dégourdis les jambes dans le couloir (15 m²) et je fais mes cent pompes quotidiennes dans le local-poubelle (20 m².) Bref, j’arrive au chiffre effarant de 174 m², et encore je suis large : je ne compte pas la boîte aux lettres.

Chers amis (ça vous la coupe, hein ?), je souhaite ne pas vous avoir trop écœurés par l’étalage inique de ma fortune. J’aurais bien amélioré mon lot en cassant la cloison qui sépare mes toilettes de celles de la voisine, mais elle n’a pas voulu. Allez savoir pourquoi…

 

 

08/01/08

* D’un calembour, j’espère lancer une expression populaire.

 

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