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01.04.2008
Le restaurant
Ce qui m’enchante véritablement à la fac, ce sont les restaurants universitaires. Il est clair qu’on y trouve généralement la nourriture en conséquence ; moins notoire qu’on la trouve de qualité. Malgré tout, le CROUS fait un remarquable effort d’équilibre alimentaire, formant ainsi la politique hypocrite du gouvernement en matière de santé publique : lipidiques ou diététiques, les plats sont à teneur quasi-équivalente, même s’ils restent à varier (en deux mots.) De plus, le choix est aussi riche que les calories : sardines farcies, concombre-mayonnaise, fromage sauté et nouilles râpées, de l’entremet chaud aux salades printanières, c’est une symphonie de couleurs gouache Super U qui s’animent dans les cuves d’aluminium de votre self. Mais passons au dessert, voulez-vous ? Du camembert en portion individuel à la bouse au chocolat, en passant par les yaourts presque nature, il y en a pour tous les gourmands, surtout s’ils ont très faim. En boisson, notez l’apparition des jus de fruits et du Coca-cola ®, l’alcool demeurant l’apanage des enseignants.
On s’étonne presque de ne pas aller chaque repas au R.U. tellement la proximité avec le charme du ruisselet homonyme est aujourd’hui ténue. Les serveuses n’hésitent plus à porter de gants (un jour, ils seront propres,- et elles aussi), les cruches d’eau sont disponibles pour peu qu’on possède un cran d’arrêt, et ils ont enfin pensé à mettre les WC juste en sortant, pour vomir. Bref, que du bonheur ; quand la cantine devient la salle à manger familiale, celui qui rote, ça n’est plus papa mais le boutonneux d’à côté. C’est qu’il y en a du monde ! Les places sont peut-être nombreuses mais elles sont prises d’assaut : certains mangent debout ou dans les toilettes, d’autres préfèrent louer une chaise au marché noir. Heureusement, la bouffe n’est pas chère, ce qui reste proportionnel à ce qu’elle vaut. Pourtant, là encore, des jeunes inventifs tentent tout pour ne pas mettre la main à la poche : quand l’un se déguise en cuisinier pour piocher dans les bacs à saucisses, l’autre ramasse les spaghetti échoués sous les tables. Avec un type de ma section, j’ai mis au point une combine : pour la place je m’assois sur ses genoux, et pour les économies, pendant qu’il embobine la voisine de table, on lui vole sa purée de lentilles (à la base, ce n’est pas sensé être de la purée.) La pénurie devient telle que certains étudiants choisissent de déjeuner dans les amphithéâtres. Il n’est plus rare de prendre des notes à côté d’un inquiet qui touille un chili sur son réchaud ni de découvrir, dissimulés entre les volumes de la bibliothèque, quelques boîtes de couscous (composé de deux fois la syllabe « cous » ; trois fois, c’est le bruit du lit de la locataire du dessus.)
J’aime le restaurant universitaire pour tout ça, puis aussi parce qu’il n’est pas si différent des salles de conférence : on entend mal, on est serré, et le professeur a beau te bourrer d’un maximum d’informations, tu ressors irrémédiablement avec la tête vide…
28/10/07
16:57 Publié dans C.u.L. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crous, bouffe, vomissure



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