08.10.2008

La crise et tout ça

Salut les mecos !

Vous ne l'avez pas demandé, mais voici le récit de mon accident de rasage avec poussée d'oestrogène. Je profite d'ailleurs que l'Etat ne m'ait pas encore abattu pour signaler aux mauvaises langues que je ne suis pas gay ; loin de là, puisque, me prenant pour une femme, je ne couche qu'avec des hommes. Si c'est pas de l'hétérosexualité ça !

En revanche, nous parlerons beaucoup d'hommes la semaine prochaine, avec des invités aussi prestigieux que le cinéaste Jean-Jacques Zilbermann (qui a la chance de ne pas être communiste), le pseudo-ministre Jean-Louis Borloo, ainsi que la grande Auschwitz, dont Adorno demandait si on pouvait encore faire des oeufs sur le plat après ça.

Enfin, je voulais vous soutenir en ces temps de crise économique, boursière, immobilière et intestinale pour certains, en vous priant avec la plus grande insistance de ne plus regarder la télévision. Vous verrez : la crise ne se présentera plus comme cette épée de Damoclès au crin bien rongé, mais comme le même état de merde qui nous sert de conjoncture depuis bientôt vingt ans. Alors, c'est pas de la solution, ça ?

Bien agiter l’aérosol et appuyer sur le diffuseur à la verticale tête en haut

Du miroir embué, je jette un regard morne sur le bas de mon visage. Baillant, je trempe mes mains dans le bac du lavabo, à moitié rempli d’eau chaude, puis je les passe sur mes joues, le tour de ma bouche, et sur mon cou. Je pose rasoir et bombe sur le rebord de la céramique : je suis prêt à me raser.

Il s’agit d’une situation banale, penserez-vous, pour les hommes comme pour les femmes si elles refusent de porter la barbe. Très banale même, avancerez-vous, qu’on soit un raseur invétéré ou un puceau du bouton rince-lame. D’autant plus banale, élèverez-vous, qu’elle est ici décrite banalement. Tellement banale, tempêterez-vous, qu’elle n’a strictement rien à faire sur ce blog. Si affligeante de banalité, éclaterez-vous, que je vais pas tarder à me tirer d’ici et retourner jouer à SPORE (™ s’il vous plaît) ! Et vous auriez raison. Pire : vous auriez tort de ne pas le faire. Dans le cas contraire, laissez-moi conter la suite et ceux qui sont restés.

Donc, je suis prêt à me raser. Mais voici qu’en pressant la tête du vaporisateur, cette dernière se décale et se bloque dans le corps d’aluminium. Pshuuuut… La mousse blanche qui commence à se dérober, et mes mains aussi. J’en laisse choir la bombe* qui, dans un sursaut de pression, se met à vomir la mousse par tous les interstices. Panique dans une salle de bain de trois mètres carré : je hurle et fuis chez ma voisine (ou l’inverse.)

­       « Madame ! Au secours ! Vite ! » En savatant sa porte, qui finit par ouvrir :

­       « Quoi ? Qu’est-ce qui se passe, là ? »

­       « Madame, j’ai peur : y’a ma mousse à raser qui m’agresse. »

­       « Mamouss Arazé ? C’est français, ça ? »

­       « Non, boche : c’est du Mennen ® »

­       « Allons voir ça… »

Nous entrons dans ma salle d’eau, -splursh ! -, déjà recouverte d’une belle épaisseur de chantilly à moustache (aucun lien de parenté avec le cigare.) La fille gueule un peu parce qu’elle vient de se faire les ongles des pieds. Je lui réponds que ça me fait une belle jambe.

­       « Commence pas à jouer les marioles, là ! »

Sans doute inspirée, elle saisit la bombe sifflante et la rebouche avec le capuchon ; qu’elle fixe avec fierté :

­       « Ca devrait suffire comme ça ! »

Penses-tu ! Le capuchon gonflé de mousse lui saute au nez (le frère de Sotomayor) et l’aérosol gicle encore plus, comme s’il en riait. La fille rompt un câble :

­       « Ce truc m’a pété le pif, là ! »

Elle balance le tout contre le mur. Je pousse un petit cri, et en tremblant :

­       « Je suis désolé : j’ai pas fait exprès ! »

­       « T’inquiète poulette, je vais lui faire sa fête. Ca va pas se passer comme ça. »

­       « merci maman… euh, madame. »

Levant haut les jambes sur la neige intérieure qui fait maintenant près de dix centimètres, là voilà qui va chercher le vaporisateur et le fourre dans un sac poubelle. Spruuuuush… Puis, tandis que le plastique enfle déjà comme une poche à pâtisserie, elle se met à écoper le reste par terre et le vide dans le sac. A la fin, en admirant la scène, on voyait encore de la mousse mais elle était drôlement arasée !

­       « Merci madame ! J’ai cru que j’allais mourir d’angoisse ! »

­       « Pas le temps de causer : y’a la poubelle qui s’obèse d’un coup, là ! »

Elle se met à trottiner du couloir vers la cage d’escalier en tenant à bout de bras la pochette surprise qui prend maintenant un sacré volume. Je la suis, soufflant comme un phoque, terrifié par la perspective de rester seul et de voir mon dentifrice se révolter à son tour. Nos pas dans l’escalier résonnent bruyamment sur sa voix :

­       « Je la sens se gonfler comme une bourse. Va pas tarder à cracher celle-là ! »

Elle était perspicace, cette fille : le sac poubelle, dilaté comme le ventre de ma mère après un repas de Réveillon, éclate soudain tandis qu’on dévalait les marches. La voisine se prend les pieds dans la mousse grasse, triple axel sans échauffement, et retombe neuf mètres plus bas en plein sur le dos.

Silence, avec un léger bruit de fond qui fait « pruuuuush… » Je fais quelques pointes de pas pour atteindre le bas de l’escalier, m’abaisse sur le corps et constate, - oups ! -, qu’il va falloir sortir acheter une nouvelle bombe de Mennen ®, pour nous les hommes. Quelle déveine ! Tout le monde va me voir sale et mal brossé. Heureusement, une amie m’a réconforté alors qu’il rentrait de son cours de danse :

­       « Bonjour, mon chou ! Ca va ? »

­       « Bof bof… Attention dans l’escalier, c’est glissant. »

­       « Dis donc, t’en fais une de ses têtes ! On dirait Xavier Darcos. »

­       « Arrête ! Je ne suis même pas rasé et je dois sortir dans cet état. »

­       « Justement, mon chou : profites ! Tu es tellement plus viril avec la barbe ! »

 

 

23/09/08

* Ce qui expliquerait que les membres d’al-Qaida n’arrivent jamais à se raser.

01.10.2008

2008/2009 : plus haut, plus fort, plus lâche !

Camarades !

C'est avec un engouement quasi sino-communiste que j'ouvre à vous les nouvelles Chroniques d'Un Lâchetous les mercredis soir, vous pourrez retrouver à cette adresse les plus tendancieuses des ambiguïtés mais la moins ambiguë des tendances, sur un blog de plus de deux ans d'âge !

Pour ouvrir cette saison 2008/2009, une expérience ébouriffonante de sondage dans les transports en commun, avec à la clef la non-réponse à la présomption de l'existence de Dieu. A suivre aussi en octobre : mon accident de rasage avec poussée d'oestrogène et comment la science écarte Jean-Louis Borloo de l'espèce humaine !

Camarades, bienvenue dans le Royaume de la Toile. En passant, saluez mon araignée : elle se balade au plafond depuis plus de deux ans ;)